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Voyager pour se (re)trouver

Voyager pour se (re)trouver

Depuis les années 1865-1870, Saint-Saëns commence à adopter un mode de vie itinérant qui ne fait que se confirmer une fois ses deux enfants disparus en 1878 et son couple brisé à jamais. Les voyages s’enchaînent donc à une plus grande fréquence au cours de la décennie 1880 même si le nombre de déplacements varie considérablement d’une année à l’autre.


Rappelons que le voyage répond à divers besoins.

Le premier est vital : sur les conseils de son médecin, Saint-Saëns doit éviter l’hiver européen compte tenu de sa fragilité pulmonaire héritée de son père. La première raison de fréquenter l’Algérie l’amène donc jusqu’à l’une des plus grandes stations de cure thermale alors française, celle d’Hammam-R’Irha, à une centaine de kilomètres au Sud d’Alger.


La disparition de sa mère en décembre 1888 le plonge dans une dépression qu’il soigne en s’évadant depuis Cadix aux Canaries où il demeure incognito.

Les tournées internationales aident à la célébrité du musicien, contribuent à sa reconnaissance par delà les frontières, c’est parfois à l’étranger que Saint-Saëns remporte ses plus brillants succès alors que les scènes parisiennes et françaises s’avèrent encore réticentes à lui ouvrir leurs portes.

Le voyage répond en outre à l’appétit intellectuel du compositeur qui aime s’approvisionner en matériaux culturels et sonores qui alimentent son goût pour l’orientalisme. Tout particulièrement intéressé par les musiques arabo-andalouse et asiatique, Saint-Saëns pense renouveler l’art de la composition occidentale grâce à ces apports lointains, venus d’une altérité exotique dont il apprécie le pittoresque et la supposée immuabilité.

 

 

Suite "Les continents visités"